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À la découverte du métier de photographe

Je m’appelle Arod Rezeau, je suis actuellement en seconde au lycée de Kérichen à Brest et j’ai eu l’opportunité d’être accepté, dans le cadre d’un stage de 2 semaines, au Centre d’études Supérieures de civilisation médiévale, du 15 au 26 juin 2026. Durant ce superbe stage, nous avons réalisé plusieurs activités enrichissantes : des visites de sites historiques comme la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers et des ateliers manuels et de découverte (taille de pierre, conception de blason). 

Nous avons également rencontré des chercheurs, des archéologues, des doctorants et des professionnels de l’image.

C’est dans le cadre de ces découvertes, que j’ai développé un intérêt particulier pour la photographie, un domaine qui nous a été présenté par Lisa-Oriane Crosland.  

Cliché Cl. Boisseau

Tout d’abord, j’ai appris que pour protéger les peintures lors de la prise-photo, elle utilise des parapluies qui produisent une lumière indirecte. De plus, pour éviter le contre-jour sur les clichés, il est nécessaire de fermer l’optique de l’appareil photo pour capter uniquement les flashs sans parasites.  

Cliché Cl. Boisseau

Les clichés réalisés tous les 25 ans, environ, permettent de constater l’usure et les potentielles dégradations des œuvres étudiées. Cette méthode permet de voir l’évolution du lieu au fil du temps et de travailler en collaboration avec les équipes des restaurateurs. 

Lisa-Oriane prend aussi en photo des chantiers de fouilles pour les reportages, des photos archéo et des inscriptions anciennes.

Les missions dans d’autres pays sont soumises à des demandes d’autorisation pouvant prendre entre 6 mois ou plusieurs années avant d’obtenir l’accord. Certains monastères sont encore malheureusement interdits aux femmes ce qui peut l’empêcher de travailler sur certains lieux.  

En tant que photographe, elle s’occupe également de la numérisation des clichés papier à la photothèque du CESCM, qui est d’ailleurs la deuxième plus importante au monde dans le domaine médiéval. Leurs photos sont utilisées dans plusieurs livres et dans de nombreux articles, et sont indexées dans la base Romane. 

Le point le plus intéressant pour moi, a été la découverte de la photogrammétrie, qui consiste à prendre une grande quantité, voire des milliers de photos d’un objet ou d’un monument, afin de faire un montage 3D. Plus les photos sont nombreuses et de bonne qualité, plus le résultat sera précis et réaliste. Cette nouvelle méthode permet de voir la profondeur en centimètres des gravures par exemple. Il existe aussi d’autres modèles très utiles dont un qui sert à observer le support des peintures, les traces d’outils, et parfois quelques erreurs … 

Le projet DIGITALIS

 Complémentaire et tout aussi intéressante que la Journée d’étude “Imager les œuvres d’art“, organisée par le consortium DIGITALIS et le GDR APPAMAT, la réunion plénière 2024 du projet a réaffirmé les collaborations entre le CESCM et XLim dans la valorisation du patrimoine, en associant des nouveaux partenaires de renommée, tels que le CRESTIC, l’IFAO et le LIAS.

L’objectif de l’ANR Digitalis, acceptée en 2022, est de proposer de nouveaux outils numériques de gestion des données et de connaissances à travers la visualisation photo-réaliste 3D d’objets patrimoniaux de nature différente acquise par photogrammétrie, en associant des mécanismes d’annotations standardisés et de raisonnement automatique.

Les outils de photogrammétrie produisent des données 3D très précises, mais extrêmement denses et difficiles à exploiter pour une visualisation interactive fluide et l’analyse détaillée des objets. Le consortium souhaite proposer un système permettant de simplifier et de fluidifier l’affichage avec un réalisme basé sur les photographies de détails, évitant les défauts des textures reconstruites.

Dans ce cadre, plusieurs sites et objets historiques ont été sélectionnés pour leur diversité et complémentarité :

  • Les peintures de l’abbaye de Saint-Savin, l’un des plus importants ensemble de peintures romanes d’Europe occidentale, permettant de travailler sur la restitution des couleurs, des matières et la restauration virtuelle des scènes connues grâce à la réalisation des relevés archéographiques.
  • L’hypogée des Dunes de Poitiers, bâtiment mérovingien dont les approches diverses (archéologiques, géologiques, physico-chimiques, iconographiques, épigraphiques) fournissant une connaissance détaillée de son évolution, seront rattachées à la visualisation 3D du site et à la connaissance de chaque élément architectural, funéraire ou décoratif.
Cliché L-O Crosland
  • Le même type de résultat sera présenté au Palais des Ducs de Poitiers, lieu de résidence et d’exercice du pouvoir des comtes de Poitiers, en partie classé monument historique depuis 1982. Actuellement en cours d’investigation dans le cadre d’un projet collaboratif du CESCM et pour lequel les résultats obtenus seront exploités dans la visite virtuelle du site.
  • Deux collections d’objets considérées par le consortium comme représentatives en termes de topologie, typologie et d’analyse scientifique, sont aussi retenues pour le projet :

Une partie des céramiques égyptiennes de l’IFAO (Institut Français d’archéologie Orientale) au Caire, allant du néolithique au Moyen Âge et associée à de nombreuses analyses techniques et psycho-chimiques concernant l’apparence matérielle et les pigments employés.

Le fonds de photothèque du CESCM, collection de plus de 240 000 images patrimoniales d’architecture, sculpture et peintures romanes dont l’exploitation dans la base de connaissances Romane, donne accès à des analyses sérielles et comparatives.

La gestion numérique des annotations sera associée à certains détails de l’objet étudié, mettant en avant les spécificités, comme ses caractéristiques physiques ou historiques, avec un système d’annotation suffisamment souple pour prendre en compte tout type d’information et permettre de manipuler facilement les données.