Archives de catégorie : Vie des programmes

[13 févr. 2025] Les rendez-vous (en ligne) du GRIM-IMAGO

Les animaux et l’eau. Une interprétation écologique des illustrations des fables

Par Anna Russakoff (American University of Paris)

Jeudi 13 février 2025

17h-18h30 (en ligne, lien Zoom ci-dessous)

Dans la perspective d’une histoire écologique de l’art, Andrew Patrizio (2019) recommande l’élaboration d’une vision globale et synergique des animaux, des humains, et de la nature. Il existe un espace surprenant où l’on peut trouver de telles connexions : les illustrations des fables. Parmi les fables en vers de Marie de France, dont au moins une moitié est issue de la tradition d’Ésope, certaines affirment l’importance de l’eau : le loup et l’agneau qui partagent l’eau du même ruisseau, le renard qui boit tout un étang en pensant que le reflet de la lune est comestible, et le chien qui perd sa nourriture quand il devient jaloux de son reflet. Cette dernière fable est aussi présente dans la collection de Kalila wa Dimna, une autre tradition qui vient surtout du monde islamique. L’eau joue également un rôle très important dans les fables de cette collection avec le cormoran qui propose de transporter les poissons, puis l’écrevisse à un meilleur étang, mais aussi les deux canards qui offrent à la tortue de la déplacer quand leur étang devient à sec. Chaque fable montre la puissance, l’importance, ainsi que les dangers de l’eau dans la vie animale. Dans les miniatures, en revanche, la représentation de l’eau reste très variable et elle est souvent l’élément le plus schématique. Cette conférence propose l’étude des illustrations de trois manuscrits des fables de Marie de France datés du XIIIe siècle (BnF fr. 2173, BnF fr. 24428 et Arsenal MS 3142) et du plus ancien manuscrit illustré de Kalila wa Dimna en Occident, BnF lat. 8504, daté de 1313, en mobilisant des comparaisons issues d’un exemplaire arabe de la même époque (BnF arabe 3465). Ces manuscrits sont rarement mis en dialogue bien que leurs images montrent pourtant, lorsqu’on les confronte, la complexité des rapports entre les animaux et la nature.

Lien de connexion :

https://univ-nantes-fr.zoom.us/j/88407236093?pwd=Ni2Iwb8P0UM2qtmxQMgm23ZyMB7aDI.1
ID de réunion: 884 0723 6093
Code secret: 492733

[Exposition] Archéologie des genres et de désirs au Moyen Âge

Chantilly, les très riches heures du duc de Berry, f°14v

 

 

Exposition du CESCM à la bibliothèque universitaire la Ruche, du 10 au 28 février 2025.

Campus de Poitiers – Bât. A2

1, allée Jeanne Chauvin

 

 

Pour appréhender pleinement les questions du genre, des identités et de la place du masculin et du féminin, il est nécessaire d’observer les périodes anciennes, car elles obligent à un décentrement, un déplacement du regard. Si dans l’imaginaire collectif du XXIe siècle, il est bien admis que le genre est une construction sociale, la répartition du masculin et du féminin au Moyen Âge n’est pas nécessairement soumise aux caractéristiques que l’on assigne aujourd’hui à chaque sexe. À la période médiévale, le masculin et le féminin sont hiérarchisés en raison de valeurs morales et spirituelles :  ce qui est masculin étant considéré comme plus parfait que ce qui est féminin. Toutefois toute personne peut performer les qualités morales et spirituelles attribuées à un genre. En outre, des concepts comme l’engendrement ou l’allaitement, envisagés en termes spirituels, peuvent se déplacer entre le masculin et le féminin, mais aussi entre le terrestre et le divin. L’exposition Archéologie des genres et des désirs au Moyen Âge se décline en plusieurs thématiques : « le genre en question », « les frontières du genre », « sexualité et mariage », « transgressions (adultère, prostitution, …) », « fin’amor et spiritualisation de la chair », « amour et désir ».

             

 

Le Corpus des inscriptions de la France médiévale désormais sur Biblissima+



Le CESCM et le pôle d’épigraphie participent activement à l’infrastructure numérique multipolaire Biblissima+1. Dans le cadre du cluster 5A “Epigraphie et TEI“, les inscriptions antiques et médiévales sont amenées à rejoindre le portail et à dialoguer avec l’ensemble des données déjà présentes sur Biblissima. 

Ainsi, depuis mars 2024, les volumes du Corpus des inscriptions de la France médiévale (CIFM) déjà publiés et les photos de chaque inscription sont en cours de traitement et ils seront bientôt tous accessibles sur le portail Biblissima.

Le portail permet d’interroger les inscriptions en fonction de leur lieu d’origine ou de conservation, ou bien en effectuant une recherche libre dans l’amas de données. Il est également possible d’accéder aux références bibliographiques de chaque inscription qui disposent de liens vers une version en ligne. L’un des autres grands atouts du portail est l’utilisation du standard IIIF et d’un visualiseur permettant d’accéder aux images des inscriptions dans une qualité remarquable. 

Seul le volume 1 du CIFM est actuellement disponible sur le portail et accessible en cliquant sur ce lien. L’ensemble de la collection sera ajouté progressivement d’ici à 2026.

Statue de l’apôtre Bartholomé, cloître de Moissac (Tarn-et-Garonne, 82)   Cliché : Jean-François Amelot, 2014

 

 

  1. Biblissima+ bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’ANR au titre du Programme d’investissements d’avenir intégré à France 2030, portant la référence ANR-21-ESRE-0005. []

[2 déc. 2024] Équipe 3 : Rencontres IMAGO#1

La première des rencontres IMAGO de l’année 2024-2025 se tiendra le lundi 2 décembre au CESCM de 12h15 à 13h35 (salle Gaston Berger)
 
 
Charleville-Mézières BM ms 261 f 9v Nord (Sens) 1275-1300 (détail)
 
Raphaël Guesuraga, docteur en histoire de l’art médiéval
 
L’arche de Noé : deux conceptions distinctes, deux courants ecclésiologiques

Il s’agit d’une présentation-discussion informelle à l’heure du déjeuner : pensez à apporter votre repas. Des boissons seront à votre disposition.

 

Les rencontres IMAGO sont consacrées aux images médiévales, aux signes, aux formes et  aux représentations. Ouvertes à toutes et à tous, elles sont pensées comme un espace de discussion autour d’un sujet, d’un thème, un dossier.

Nous espérons tous vous retrouver, chères et chers collègues, chères et chers ami.e.s, chères et chers étudiant.e.s, le 2 décembre, et sommes à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Contact : cecile.voyer@univ-poitiers.fr

[9 déc. 2024] Les rendez-vous (en ligne) du GRIM-IMAGO

Animal, animalité, bestialité dans les images médiévales

 Les rendez-vous du GRIM-IMAGO

Prolongeant la thématique des Rencontres du GRIM-IMAGO qui ont lieu chaque année au mois de juin, ces rendez-vous en ligne (voir lien en bas du billet) s’organisent autour d’un intervenant et d’une communication suivie d’une discussion.

Date : Lundi 9 décembre 2024 / 17h-18h30

Pour une lecture littéraire des images :  le texte lit-il l’image ?

Le Roman de Renart vu et lu.

Par Pierre Levron (CNRS)

 

Les études littéraires médiévistes ont connu une évolution importante au cours de ces vingt- cinq dernières années : le développement important des études tenant compte de l’iconographie des manuscrits. Des contributions aussi importantes que celles de Maud Pérez-Simon ou d’Irène Fabry- Tehranchy en attestent, tout comme le volume Quand l’image relit le texte.

L’enjeu de l’étude proposée est différent. Son objet, tout d’abord, est le Roman de Renart, dont la tradition manuscrite possède une caractéristique importante : elle est abondante, mais somme toute assez peu illustrée. Le manuscrit Paris, BN.fr 12584 est davantage une exception que la règle. Sa confrontation avec le manuscrit Paris, BN.fr 1580 qui possède lui aussi une iconographie pose un certain nombre de questions de fond : 1) a-on des discours iconographiques et textuels convergents ou divergents ? 2) l’image précède-elle le texte, l’accompagne-elle ou la suit- elle ? Nous ne parlons pas de la position de l’iconographie dans le manuscrit, mais du sens qu’elle revêt. La contribution visera à déterminer les caractéristiques d’une méthodologie d’interprétation par échange entre le texte et l’illustration. Deux cas de réflexion ont été choisis. Le personnage du chat Tibert, parce qu’il apparaît assez fréquemment dans la diégèse sans être nécessairement représenté et qu’il pose le problème du choix entre sa représentation iconographique et sa représentation textuelle ; la miniature du folio 114 verso du manuscrit Paris, BN.fr 1580, ouvrant la branche Renart médecin, parce qu’elle met en image une situation souhaitée.

Lien de connexion

https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/4614065977?pwd=WDJGQ3Z2N1piZlhhY2FyMnhOYUswQT09&omn=97832276811

ID de réunion: 461 406 5977

Code secret: 637858